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Conditions de travail des serruriers – métalliers : risques et points d’amélioration

24 septembre 2020 | Actualités

Les premiers résultats d’une étude sur les conditions de travail des serruriers – métalliers en France viennent de tomber. Elle avait été engagée en 2017 suite à une sollicitation de l’UNA-SM (Union Nationale Artisanale de la Serrurerie-métallerie, une branche de la Capeb), dans le but de déterminer les meilleurs moyens d’améliorer le quotidien de ces professionnels. L’étude se concentre sur le travail en atelier : cette phase est en effet considérée comme la plus déterminante dans le métier des serruriers-métalliers, le passage sur les chantiers étant généralement limité à l’installation d’ouvrages préparés à l’avance.

Les modalités de l’étude

L’étude a été menée sur des observations de deux jours dans les ateliers de trois entreprises volontaires situées dans les Pyrénées-Orientales, dans les Bouches-du-Rhône et dans l’Aisne, ainsi que sur des entretiens avec leurs dirigeants. Les espaces de travail étaient respectivement de 1050 m², 294 m² et 796 m². Les équipes composées de 3, 17 et 6 salariés, travaillaient sur la fabrication de différents ouvrages neufs en aciers bruts : garde-corps divers, portails et volutes de portail. Cette variété a permis à l’étude d’avoir une vue d’ensemble assez large des différents configurations possibles du travail en atelier, bien que l’échantillon observé pourrait difficilement être considéré comme représentatif de l’ensemble du métier.

Des préparations plus rapides

La première donnée qui ressort de cette étude, c’est que les temps de préparation des ouvrages en ateliers ont tendance à se réduire.  Cette accélération est permise par des plans de fabrication de plus en plus détaillés et par un plus grand stockage des matériaux nécessaires.  Des mesures qui sont jugées suffisantes par les dirigeants des entreprises, pour livrer un travail de qualité dans les délais impartis. 

Des environnements bruyants, avec risques chimiques

L’environnement de travail est pointé du doigt par l’étude, qui alerte notamment sur le niveau sonore des activités d’atelier. Les chocs métal contre métal sont en effet source de bruits importants et de vibrations potentiellement dangereuses pour la santé physique des artisans, sans oublier les risques chimiques liés aux émanations de fumées et poussières.  Les équipements de protections, individuels ou collectifs, aident à réduire ces nuisances mais ne sont pas suffisants pour annuler entièrement les risques, qui restent conséquents. L’encombrement des zones de travail est aussi un problème pour les artisans, qui accordent beaucoup d’importance au rangement et à l’organisation des ateliers et des stocks. 

Activité physique et mentale

Les serruriers – métalliers sont amenés à réaliser des efforts physiques intenses, malgré les installations et les équipements dont ils disposent pour le déplacement des ouvrages et des matériaux (ponts roulants, chariots élévateurs, potences,  etc.). Leurs postures sont aussi signalées comme facteur de risque sanitaire : les positions tordues ou courbées que les artisans doivent prendre pour souder, meuler ou percer sont souvent contraignantes, selon l’étude. Au niveau mental, les observations ont permis de mettre en lumière des environnements de travail psychologiquement sains, avec de bons rapports des employés vis-à-vis de la hiérarchie et des contextes exigeants, mais bien maîtrisés. L’autonomie dont dispose chacun est notamment salué par les artisans. Bien sûr, le fait que l’observation porte sur des entreprises volontaires pourrait d’une certaine façon biaiser les résultats de l’étude sur ce dernier point, qui pourraient, on le répète, ne pas être représentatifs de la réalité du métier sur l’ensemble du territoire.

Les pistes d’amélioration

Les résultats de l’observation, couplées à des échanges avec les opérateurs, on permis à l’OPPBTP de lister une série de recommandations pour améliorer rapidement les conditions de travail des artisans. Dans un premier lieu, il sera impératif de mener des actions de communication autour des bonnes pratiques du métiers et des standards professionnels, aussi bien dans le choix des matériels et des matériaux que dans l’entretien et le nettoyage de l’ateliers et de son équipement, mais également dans les techniques à employer. Les matériels avec réduction des vibrations et des bruits seront donc à privilégier. Des dispositifs anti-bruit et anti-vibration feront l’objet d’une étude de marché, tout comme les aspirateurs industriels, les dispositifs d’aspiration des fumées et de nettoyage des lieux et des vêtements de travail. Les performances des produits sur le marché seront ainsi précisées et des actions seront menées auprès des réseaux de distribution pour en garantir la disponibilité. Un cahier des charges sera également rédigé, précisant les besoins et les exigences du métier en matière de transport de pièces volumineuses, de réduction du bruit et des vibration, d’aspiration, etc. Celui-ci sera ensuite présenté aux industriels concernés, dans le but de faire évoluer leurs produits vers des solutions plus adaptées. Des tests devront également être mis en place pour juger de la conformité des systèmes aspirants, des produits anti-projection et des disques à tronçonner. Ceci dans le but de vérifier leur adéquation aux besoins des artisans.
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