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Face au coronavirus, les entreprises du bâtiment doivent-elles arrêter de travailler ?

19 mars 2020 | Actualités

La situation des entreprises du BTP est bien évidemment très complexe, suite aux mesures de confinement adoptées par le gouvernement en ce début de semaine pour faire face à la crise épidémiologique du Coronavirus (Covid-19). 

Si d’un côté les ministres demandent à tous les citoyens de rester le plus possible chez eux pour arrêter la propagation du virus, d’un autre côté ils invitent les entreprises à continuer leurs activités en faisant preuve de civisme et de bon sens.

Une position qui ne plaît pas aux associations du secteurs, qui demandent l’arrêt immédiat de tous les chantiers et invitent leurs membres à ne pas travailler.

la ministre du travail contre la fermeture des entreprises

Muriel Pénicaud, ministre du travail, a fait part de sa déception ce matin, sur LCI, vis-à-vis des sociétés ayant décidé de cesser complètement leurs activités. Elle en appelle au civisme des entreprises, dans une période de crise profonde comme celle-ci : l’arrêt complet du pays n’est pas souhaitable selon le gouvernement, qui souhaite maintenir à flot autant que possible la vie économique française. « Les entreprises qui se disent que l’État paiera et qu’elles n’ont pas à travailler ne sont pas dans une attitude de civisme. » a-t-elle déclaré au cours de son interview.

Face aux arguments soulevés par les professionnels du bâtiment, elle invite à la réflexion commune. Selon le gouvernement, les entreprises doivent discuter avec les salariés des solutions éventuelles pour modifier leur façon de travailler, en prenant les précautions nécessaires à réduire les risques de contagion. Parmi les exemples cités, l’opportunité d’emprunter exceptionnellement plusieurs véhicules pour les déplacements et d’éviter toute forme de travail « côte à côte ». « Les entreprises qui sans avoir discuté et réfléchi avec leurs équipes, se retirent, sont défaitistes » affirme-t-elle. 

le coup de gueule du secteur du btp

Les propos de la ministre n’ont pas plu aux associations des travailleurs du bâtiment, qui ne cachent pas le fait d’être scandalisés à leur tour par ces « accusations ».

« Cela témoigne d’un mépris profond, et je pèse mes mots, pour ces artisans et ces salariés qui travaillent dans le bâtiment et n’ont jamais rien demandé », selon Patrick Liébus, président de la CAPEB qui va plus loin dans ses propos, en accusant le gouvernement de vouloir contenir les coûts du chômage partiel. Il soupçonne l’État d’avoir mal fait ses calcules par rapport à ses promesses et de vouloir compter sur « les bons petits soldats du bâtiment pour aller au front, en prenant des risques inconsidérés pour leur santé mais aussi pour la santé de leurs clients ».

 Jacques Chanut, président de la FFB, intervient dans le débat de son côté, en demandant un arrêt des chantiers pendant 10 jours au moins, pour préserver la santé des ouvriers. Selon lui, les entreprises du bâtiment font face à deux problèmes : les ouvriers qui ne veulent pas aller au travail après avoir entendu le discours du président de la République et l’impossibilité, sur le chantier, de garder la distance de sécurité de un mètre. « Comment fait-on pour porter des charges lourdes ? Comment fait-on quand on a cinq ou six personnes dans une camionnette pour aller sur un chantier ? Comment fait-on dans les cantonnements ? Et tout ça sans masque… »

un compromis possible

S’il est vrai que la protection des personnels est un vrai sujet qui doit être pris en considération avant toute décision, il faut aussi faire très attention à ne pas céder à la panique. Des précautions peuvent être prises pour améliorer la sécurité sanitaire des professionnels du bâtiment tout en continuant d’assurer les activités essentielles à la vie du pays. Parce que si d’un côté les chantiers de rénovation et de construction non urgents peuvent être arrêtés, d’un autre côté l’entretien préventif, les services d’urgence et le dépannage doivent impérativement être assurés.

Les entreprise du BTP ont, à leur manière, un rôle à jouer dans cette guerre sanitaire pour maintenir nos infrastructures en service. Elles jouent également un rôle sociale important vis à vis des plus fragiles d’entre-nous, confinés dans leurs lieux d’habitation, ne pouvant assumer seuls des problèmes de plomberie, de chauffage ou de réparations d’urgence liées à des dégâts naturels ou à des malversations quelconques qui malheureusement ne s’arrêteront pas avec le virus…

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