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Faire face au coronavirus : retour d’expérience d’une entreprise du BTP

06 avril 2020 | Actualités, Conseils

Trois semaines après le début du confinement en France, nous avons repris contact avec les dirigeants de la société Molin, qui nous avaient livré dans un précédant article leur point de vue sur les mesures à prendre pour faire face à la crise sanitaire du coronavirus.

Vous avez choisi de maintenir une partie de vos activités, en adoptant des mesures de sécurité fortes. comment avez-vous procédé ?

Comme tout le monde nous avons été confrontés à cette crise sans expérience et avec des informations qui, tous les jours, ont évolué.

Il a d’abord fallu rassurer et expliquer à notre équipe ce que nous avons mis en place pour maintenir un minimum d’activité. Il a fallu ensuite préparer, avec les moyens du bord, des kits sanitaires individuels pour les protéger, et imposer des règles strictes en matière d’organisation du travail et de conditions d’hygiène : une seule personne par camionnette, une seule personne par chantier si possible, sinon respect des distances, désinfection des camionnettes et des outils.

Il a fallu enfin montrer l’exemple en assurant nous-mêmes tous les matins, avec mon épouse, une désinfection totale de nos locaux.

Comment vos salariés ont-ils réagi à ces changements ?

Cela n’a pas toujours été simple pour eux au départ, mais finalement, pour la plupart, ils se sont résignés. Nous avons voulu leur laisser le choix et aujourd’hui, ceux qui ont accepté de continuer à travailler nous sont reconnaissants.

Il était difficile pour eux de rester confinés 24h/24, et pour certains, difficile d’envisager d’éventuelles baisses de salaire !

Après ces trois premières semaines, quel est votre ressenti par rapport aux mesures d’hygiène ?

Il y en a qui sont plus efficaces que d’autres. Par exemple, je ne crois pas que les masques soient une solution idéale pour des métiers comme les nôtres. Pire, je pense que nos employés risquent de mal les utiliser et de se sentir faussement en sécurité, en délaissant d’autres mesures.

Je privilégie les gestes « barrière » et la désinfection.

Comment voyez-vous l’avenir de molin après la crise sanitaire ?

Cette expérience laissera des traces dans le fonctionnement de la boîte, c’est certain. Il y a eu un « avant », il y aura un « après ».

Dès aujourd’hui nous anticipons une crise durable et nous nous organisons avec mes confrères pour mieux préparer et organiser les chantiers : intervention progressive des différents corps de métiers, pas d’interventions communes sur un même chantier ou sans distance de sécurité, etc.

Nous allons également maintenir des désinfections obligatoires régulières, même après l’épidémie.

Il y aura des difficultés, c’est certain, mais je pense qu’il n’y a jamais de « mal » sans « bien », et que au final, grâce aux leçons apprises pendant cette période, nous serons gagnants : gain de temps sur les chantiers, meilleure satisfaction des clients, meilleur entretien du matériel… 

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