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Rénovation énergétique : les français disent oui, mais le budget pose problème

18 octobre 2019 | Actualités

Plusieurs études récentes démontrent que la France s’intéresse de plus en plus aux thématiques liées à la transition énergétique et que des efforts non négligeables sont faits dans ce sens, par l’État et par les citoyens. Les investissement sont pourtant loin d’être suffisants et peuvent encore être optimisés. Faisons le tour de la situation.

La transition écologique est un sujet brûlant de l’actualité socio-politique française, depuis quelques années. Selon une étude publiée par l’I4CE (Institut de l’économie pour le climat), avec le soutien de l’ADEME, 1 investissement français sur 12 a été fait, en 2018, en faveur de l’environnement. Cela représente environ 45 milliards d’euros, soit 2 milliards de plus que l’année précédente. 

Une augmentation certes encourageante, mais qui est jugée encore trop faible par les experts de l’institut. Ils évoquent la nécessité d’engendrer des investissements à hauteur de 18 milliards supplémentaires chaque année, afin d’attendre les objectifs de neutralité carbone fixés pour la fin du quinquennat. 

des investissements contradictoires 

Sur les 45 milliards investis en France en 2018, la part engagée par l’État correspond à environ 45%. Ces 20 milliards sont repartis essentiellement autour de 4 pôles :  le développement d’énergies renouvelables, l’éco-mobilité, la recherche et la rénovation énergétique des bâtiments. Un chiffre déjà considérable, si l’on pense qu’il correspond à plus de deux fois les recettes de la taxe carbone (source de financement principale des investissement écologiques du pays). 

Des efforts qui sont malheureusement contre-balancés par environ 17 milliards d’investissements défavorables au climat. Rentrent dans cette catégorie les niches fiscales et les soutiens directes à l’aviation et au carburants d’origine fossile, ainsi que les dépenses de fonctionnement du pays.

La place du BTP dans cette apparente contradiction, se trouve au milieu : 4 milliards sont investis dans la rénovation énergétique des bâtiments, mais 2,2 sont aussi utilisés pour maintenir la niche fiscale des gazoles dits « non routiers », nécessaires à la machinerie de construction.  

LES français et la rénovation énergétique des logements

De leur côté, les français expriment la volonté d’adopter pour leurs logements des solutions plus économes en énergie et donc plus écologiques. 

Que ce soit pour des raisons purement économiques (réduire sa facture) ou idéologique (la sauvegarde de la planète), ils sont prêts à investir dans la rénovation énergétique. Parmi les travaux les plus demandés, nous pouvons citer le remplacement des fenêtres, l’isolation des combles et le changement du système de chauffage.

Le problème du budget

Selon le baromètre de Monexpert-renovation-energie, le besoin de rénovation énergétique est avéré pour près d’un français sur deux. Malheureusement, il n’est pas évident pour eux d’allouer le budget nécessaire à des travaux efficaces : pour 45% d’entre eux, il est limité à moins de 1000€ ; pour 25%, aucun investissement n’est possible. La moyenne approche les 2500€, un montant qui reste insuffisant pour des travaux de qualité.

Des aides méconnues

Si la volonté d’entamer des travaux reste forte, le budget pose donc problème, d’autant plus que la plupart des ayant droit ne connaissent pas les aides que l’état met à leur disposition.  Selon le baromètre, 2 particuliers sur 3 ne peuvent citer aucune aide financière pour la rénovation énergétique. Ce chiffre est tout de même en baisse par rapport à l’année précédente, résultat de nombreuses campagnes de communication lancées au cours des derniers mois autour du dispositif d’aide « isolation à 1€« .  

Ce manque de notoriété fait que moins de 50% des travaux effectués ont bénéficié d’aides et financements.

Les artisans ont la cote 

88% des particuliers déclarant faire confiance aux artisans pour leurs travaux de rénovation, que ce soit pour la qualité de leur travail, pour les conseils ou pour l’aide qu’ils peuvent apporter dans les économies d’énergie

Cette popularité vient d’un besoin d’accompagnement et de proximité : il est plus facile de faire confiance à un artisan ou à une entreprise locale, surtout du moment qu’on peut s’appuyer sur un interlocuteur unique (besoin exprimé par 77% des sondés).

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